Avignon est une étape naturelle pour les voyageurs de Grande-Bretagne et d'Europe du Nord qui se rendent dans la péninsule ibérique. C'est un lieu de choix. Rapide ou lent ?
Les voyageurs pressés de rejoindre l'Espagne se rendent à la gare TGV, qui a ouvert ses portes en 2001. Elle se trouve bien au sud du centre-ville, en Courtine, une nouvelle banlieue qui était autrefois un terrain vague entre la Durance et le Rhône. Depuis cette gare périphérique plutôt stérile, un train à grande vitesse partant à 8h40 rejoint la capitale espagnole en milieu d'après-midi.
Les moins pressés trouveront une option bien plus intéressante pour se rendre en Espagne. Les trains lents partent d'Avignon Centre, la gare historique située près des remparts de la vieille ville. La gare elle-même est un joyau, sa façade étant un essai de symétrie néoclassique, avec cinq baies élégantes et une horloge dominant la balustrade. L'architecte Jules Bouchot a également conçu une gare similaire à Valence, en aval d'Avignon, dans la vallée du Rhône. Les deux gares s'inspirent de l'architecture du château de Versailles.
Avignon Centre s'enorgueillissait autrefois d'une liste de destinations internationales sur ses tableaux de départ. Hélas, les trains directs pour Londres, Berlin et Milan ont disparu. Les seuls trains d'Avignon Centre qui s'aventurent encore au-delà des frontières françaises sont les services régionaux tri-quotidiens vers Portbou en Espagne. Il s'agit d'un voyage extraordinaire de 4 heures et 15 minutes, d'autant plus qu'il s'agit d'un train plus lent, qui fait 25 arrêts en cours de route. Les paysages changeants de cette route sont vraiment spectaculaires et culminent dans le dernier tronçon le long de la Côte Vermeille, au sud de Perpignan, jusqu'à la frontière. À gauche, c'est la Méditerranée, et à droite, les pentes abruptes des Pyrénées s'élèvent. Tout compte fait, c'est bien mieux que de plonger sous les montagnes dans le long tunnel du Perthus emprunté par les trains à grande vitesse.
Cette option plus lente repose sur les trains régionaux (TER). Jusqu'à trois trains directs par jour relient Avignon à Portbou. Ils sont complétés par des services supplémentaires qui nécessitent des changements, généralement à Narbonne et à Perpignan. C'est le voyage idéal pour les voyageurs qui utilisent des cartes Interrail : ils peuvent monter et descendre à leur guise sans avoir à réserver des places à l'avance, ce qui est une pratique courante en France. C'est un itinéraire à apprécier en soi, mais qui peut être intégré à des itinéraires Interrail plus longs.
Traversée de l'Occitanie
Le train lent vers l'Espagne se faufile dans la banlieue sud d'Avignon et traverse la Durance à l'est de la gare TGV. En l'espace de quelques minutes, on a l'impression d'être en pleine nature, alors que l'on contourne les pentes abruptes de la Montagnette, avec ses pins tordus et son maquis bas, un paysage façonné par le mistral impitoyable. On a l'impression d'être immergé dans un paysage, plutôt que de le traverser à une vitesse inconfortable.
À Tarascon, le train tourne résolument vers l'ouest, traversant le Rhône et entrant en Occitanie. Nous passons devant une ferme rose arborant le drapeau rouge à croix jaune caractéristique de la région. Le train s'arrête à la gare de Nîmes Pont-du-Gard. Il s'agit d'un élément audacieux d'architecture moderne et d'une curieuse affectation des planificateurs ferroviaires français : la gare se trouve à des kilomètres de Nîmes et encore plus loin du célèbre aqueduc romain qui forme le reste de son nom. Plus tard, nous nous arrêterons à la vraie Nîmes, puis à une procession de communautés occitanes distinctives : Montpellier, Sète, Agde, Béziers et Narbonne. Le long de la route, les vues sur les flamants roses, les marais salants, les forteresses côtières et les plages désertes sont alléchantes.
J'ai parcouru cet itinéraire d'un bout à l'autre sans faire de pause. Il faut un peu plus de quatre heures. Mais les endroits qui jalonnent le parcours sont trop tentants pour être manqués. Narbonne est à peu près à mi-parcours et l'endroit idéal pour déjeuner. Les Halles, un marché couvert historique qui ressemble à une gare du XIXe siècle, offrent une grande variété de spécialités culinaires.
Je m'arrête aussi généralement à Perpignan, où un panneau à la gare rappelle aux voyageurs que Perpignan est le centre du monde. Il ne s'agit pas d'une vaine prétention civique, mais d'une belle référence à l'extraordinaire expérience métaphysique que Salvador Dalí y a vécue en 1963. Pour Dalí, Perpignan n'était pas seulement le centre du monde, mais le centre cosmique de l'univers.
L'autre lieu incontournable de ce voyage est le charmant Collioure, un petit port situé sur la côte rocheuse au sud de Perpignan. Le village est dominé par un beau château du XIIIe siècle utilisé par les Templiers, les monarques majorquins et les troupes bourboniennes. Matisse, Picasso, Dufy et Braque ont découvert Collioure. Les anchois, qui ont longtemps été l'aliment de base de Collioure, sont toujours aussi bons et la ville attire toujours de nombreux artistes en herbe. Depuis Collioure, le chemin de fer longe des caps et des baies, en passant par les vignobles de Banyuls, balayés par les vents.
Arrivée en Espagne
Portbou (parfois appelé Port Bou) est la première gare du côté espagnol de la frontière et le terminus de tous les trains régionaux arrivant de France. Portbou n'est qu'un village, dont la majeure partie du territoire est occupée par la gare surdimensionnée et les gares de triage.
L'itinéraire côtier entre la France et l'Espagne a été relégué au second plan en 2010, lorsque la plupart des trains internationaux en provenance de Perpignan ont été redirigés vers le tunnel du Perthus. Portbou a ainsi perdu sa place dans le peloton de tête des gares frontalières européennes. C'est ici que les trains express de France vers l'Espagne devaient tous s'arrêter pour permettre le changement d'essieux de l'écartement européen standard à l'écartement espagnol plus large. Aujourd'hui, ce sont les passagers qui doivent changer, et la plupart de ceux qui arrivent par le TER en provenance de France marchent pour rejoindre le train espagnol en attente pour la suite du voyage jusqu'à Barcelone.
Informations sur le voyage
Des trains régionaux circulent toutes les heures entre Avignon et Portbou. En automne, des trains directs quittent Avignon Centre à 11 h 35 (tous les jours), 13 h 35 (sauf le samedi) et 15 h 35 (sauf le samedi et le dimanche). Le prix de l'aller simple est de 45,70 €. (avec des frais de réservation de 6,95 €). Trouver ce tarif promotionnel revient à chercher une aiguille dans une botte de foin - et n'autorise pas les escales. Pour ceux qui préfèrent s'arrêter en cours de route, notamment dans le cadre d'un itinéraire ferroviaire européen plus large, le pass Interrail est la meilleure option (à partir de 246 euros, avec des réductions pour les moins de 28 ans et les plus de 60 ans).
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